Critiques

Journal d’un étudiant en histoire de l’art, de Maxime-Olivier Moutier

On s’amuse et on s’instruit 5FF8F0FE-FA4C-4786-BEAA-AF689A50B566dans le roman de Moutier, dont l’action se passe autour de l’Université du Québec à Montréal. C’est en grande partie un cours branché sur l’art, comme si on ne s’était pas inscrit au cours et qu’il nous le résumait. Il part du fameux classique d’Ernst Gombrich, passe par des références pointues comme l’une sur « L’Art paléochrétien et byzantin » (où le narrateur a appris « 277 nouvelles choses »), fait un topo sur les conséquences de la guerre de Trente Ans (1618-1648) dans le domaine de l’architecture, explique le Baroque et va jusqu’aux artistes actuels les plus culottés, à côté desquels Christo est un enfant de chœur, en passant par l’architecte Pierre Thibault et d’autres. Quelques bonnes discussions : le malentendu entre Freud et les surréalistes. Le phénomène Dada. Les œuvres de Marcel Duchamp. Lacan, le maître de Moutier. La psychanalyse vs la psychologie.

Grand esprit de synthèse quand il ramasse dans une phrase les deux pôles de ses préoccupations : « J’ai appris à reconnaître les différences entre la maison de verre de Philip Johnson et celle de Mies van der Rohe, mais j’ai surtout appris, à force de travaux pratiques, que ce n’était pas du tout facile et évident d’avoir une maîtresse » (avec deux exemples convaincants).

Je crois aussi qu’il parle en toute franchise quand il dit : « Je choisis de me jeter dans l’histoire de l’art parce qu’il s’agit d’abord et avant tout de me jeter quelque part. »

La littérature l’attire et ne l’attire pas : « Il ne me semble jamais qu’un écrivain est hot, ou fait quelque chose de fou. Alors que je retrouve cette ferveur que j’admire tant, et qui me pousse à écrire, dans le travail de plusieurs artistes conceptuels. C’est à eux que je souhaite ressembler. »

Mais il est moins convaincant quand il poursuit : « … la littérature en général, je m’en fiche. Je ne fais pas de la littérature, mais de l’art contemporain. L’écriture est un matériau, comme certains choisissent le fer, le bois, l’urbanisme ou les fines herbes. Je ne crois pas être un écrivain. »

En fait, il y a toutes sortes d’écrivains.

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