Calepin

New York

Trois New-Yorkais.

On prend un autobus vers le Upper West Side, et on descend à la 96e Rue. En marchant sur la 95e vers l’ouest, près de l’av. Amsterdam on tombe sur une granny du mouvement Grannies for Peace, avec qui nous nous mettons à bavarder pendant une vingtaine de minutes. Elle est en train de nettoyer le joli carré de verdure devant chez elle, aménagé d’un panonceau qui demande poliment aux cyclistes de ne pas y parquer leur vélo. Appartements cossus, arbres filiformes mais très hauts, beaucoup d’ombre. C’est en partie un quartier juif, synagogue au coin précédent, où on nous a laissés jeter un coup d’œil. Elle nous raconte qu’elle a porté le « carré rouge » (prononcé en français !) au printemps, elle est au courant de ce qui s’est passé au Québec pendant toute l’année. Cheveux argentés, lisses, soigneusement placés, elle est distinguée, cultivée, charmante, en fait très belle, me fait penser à l’écrivaine Dominique Rolin. Sentimentale quand elle commence à parler d’Obama, « Il a l’air si fatigué. Il y a tellement de pression ».  Elle est scandalisée par ce qui se passe à Gaza. C’est la prochaine bataille. Comme les Mothers for Peace en Israël.

Une autre Américaine. Dans l’autobus, juste sur la banquette devant nous, brune, lunettes, la quarantaine avancée, très vive. N’arrête pas de parler à l’amie à côté d’elle, montre du doigt un immeuble, puis un autre, tout le long de Columbus Ave. Demande des renseignements à une troisième femme devant. Visiblement curieuse du quartier, touriste, c’est-à-dire pas New-Yorkaise, mais peut-être sur le point de déménager. Ou alors agente d’immeuble.

L’autre soir, très tard, un Noir assez réveillé, qui marche d’un pas dansant sur le trottoir, près de l’hôtel, à quelques coins de rue du Madison Square Park, nous voit nous retourner vivement tous les deux en entendant quelqu’un crier. Il nous lance sur un ton moqueur : « Don’t be alarmed! ». Il le répète trois ou quatre fois, « Don’t be alarmed! », sous-entendu, si vous vous énervez pour si peu, vous n’en avez pas fini, « It’s New York! » Il continue son chemin de bonne humeur, nonchalant, en répétant à la ronde sa ritournelle, « Don’t be alarmed! Don’t be alarmed! » On n’était pas inquiet. Juste curieux.

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